À l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes du 8 mars 2026, l’émissionFans du...
Regroupement de crédits : un marché à part entière !
En 2025, la Banque de France a enregistré 148 013 dossiers de surendettement déposés auprès des commissions départementales, soit une hausse de 9,8 % par rapport à 2024. Cette progression mérite naturellement l’attention. Elle doit toutefois être replacée dans une lecture plus longue : le niveau des dépôts reste inférieur de 32 % à celui observé en 2015, ce qui confirme une baisse structurelle sur dix ans malgré la remontée récente.
Ce double mouvement dit beaucoup de la situation actuelle. Le surendettement ne revient pas aux niveaux historiques les plus élevés, mais il rappelle que certains ménages demeurent durablement fragilisés. Le sujet ne se résume pas à une courbe statistique. Il interroge le pouvoir d’achat, la gestion budgétaire, l’accès au crédit, les accidents de vie, la prévention et la capacité des professionnels à détecter les signaux faibles avant que la situation ne devienne irréversible.
Un phénomène qui touche d’abord les ménages les plus fragiles
La typologie 2025 publiée par la Banque de France met en évidence une réalité sociale forte. 62 % des personnes surendettées vivent sous le seuil de pauvreté, contre 15 % dans l’ensemble de la population. Les personnes seules, les familles monoparentales, les femmes et les personnes en recherche d’emploi restent particulièrement exposées. La part des jeunes de 18 à 29 ans progresse également : elle atteint 12 % en 2025, contre 5 % en 2022.
Ces données rappellent que le surendettement naît souvent d’une accumulation de fragilités. Une séparation, une perte d’emploi, un problème de santé, une baisse de revenus ou une succession de charges mal anticipées peuvent suffire à déséquilibrer un budget. Dans beaucoup de situations, la difficulté ne vient pas d’un crédit isolé, mais d’un empilement progressif d’engagements, de mensualités, de découverts ou de retards de paiement.
Le poids déterminant des crédits à la consommation
La structure de l’endettement des ménages surendettés reste relativement stable. En 2025, 44 % de l’endettement relève des dettes de consommation, tandis que 25,7 % correspond aux dettes immobilières, en recul pour la cinquième année consécutive. Les dettes immobilières ne sont présentes que dans environ un dossier sur dix.
Cette photographie est essentielle pour comprendre les enjeux de prévention. Le crédit immobilier demeure fortement encadré dans son octroi, avec une analyse de solvabilité, des normes prudentielles et une projection dans la durée. À l’inverse, l’accumulation de crédits à la consommation, de crédits renouvelables ou de paiements fractionnés peut parfois fragiliser plus rapidement un équilibre budgétaire, notamment lorsque les revenus sont modestes ou irréguliers.
Le regroupement de crédits : une solution à examiner avant la rupture
Avant le dépôt d’un dossier de surendettement, certaines situations peuvent encore faire l’objet d’une analyse préventive. Le regroupement de crédits, également appelé rachat de crédits, consiste à réunir plusieurs engagements dans une nouvelle opération de crédit. L’objectif peut être de réduire le montant global des mensualités, de réorganiser le budget et de redonner de la lisibilité à une situation financière devenue trop morcelée.
Cette solution reste pourtant encore trop souvent assimilée à un recours de dernière extrémité. Elle peut au contraire être utile lorsqu’elle intervient suffisamment tôt, avec une analyse complète de la situation du ménage, de ses revenus, de ses charges, de ses crédits en cours, de son reste à vivre et de ses perspectives réelles de remboursement.
Elle ne constitue toutefois jamais une réponse automatique. Une mensualité plus faible peut s’accompagner d’un allongement de la durée de remboursement et d’une augmentation du coût total de l’opération. L’ACPR rappelle d’ailleurs qu’une baisse des mensualités ne signifie pas nécessairement un crédit moins cher.
Un cadre juridique exigeant
Le regroupement de crédits est une opération encadrée par le Code de la consommation. Les articles L.314-10 à L.314-14 organisent notamment les règles applicables aux opérations destinées à regrouper plusieurs crédits antérieurs. Le cadre réglementaire prévoit également la remise d’un document d’information établi après dialogue avec l’emprunteur, afin de garantir sa bonne information.
Ce document doit permettre à l’emprunteur de comprendre les crédits repris, les dettes éventuellement intégrées, les conséquences de l’opération, son coût, sa durée, ainsi que les éventuelles pertes d’avantages ou de garanties liées aux crédits d’origine. Cette exigence de transparence est centrale. Elle distingue une approche responsable d’une simple logique de mensualité affichée.
Prévention, conseil et éducation financière
Le rapport 2025 sur le surendettement renvoie aussi à un sujet plus large : l’éducation financière.
Cette dimension est fondamentale. La prévention ne repose pas uniquement sur les dispositifs de traitement des situations déjà dégradées. Elle suppose aussi une meilleure compréhension du crédit, du coût total, du taux, de la durée, de l’assurance, du reste à vivre et des conséquences d’une accumulation de mensualités.
Les professionnels du courtage en crédit ont ici un rôle important à jouer. Leur mission ne consiste pas seulement à rechercher une solution de financement. Elle consiste aussi à expliquer, alerter, orienter et sécuriser la décision du client.
Une émission pour replacer le sujet dans sa juste complexité
Dans cette nouvelle émission de Fans du crédit, la Fédération du Courtage en Crédit propose d’aborder le surendettement sous un angle préventif, sans caricature ni facilité.
Avec Caroline TASSART (CREATIS), Alexandra DEVOULON (MY MONEY BANK), Léo SOOSAIPILLAI (BANKKEYS) et Antony PRISSETTE pour (PREMISTA), cette table ronde permettra d’interroger la place réelle du regroupement de crédits dans l’accompagnement des ménages.