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Financement professionnel : une diversification pour les courtiers ?

Rédigé par ERIC DEBESE | 26 janv. 2026 09:28:37

La période de tension que le marché du crédit immobilier a traversée ces dernières années a profondément interrogé les modèles économiques des cabinets d’intermédiation. Si le courtage en crédit immobilier reste un pilier structurant de la profession, de nombreux acteurs ont été amenés à explorer des relais de croissance complémentaires afin de sécuriser leur activité.

Assurances, gestion de patrimoine, transaction immobilière : ces diversifications ont progressivement trouvé leur place dans l’écosystème du courtage. Mais pour beaucoup de cabinets, la prolongation la plus naturelle de leur activité a été, et demeure, le financement des projets d’entreprises.

Une porosité logique avec la clientèle existante

Cette orientation vers le financement professionnel s’explique d’abord par la relation déjà établie avec des dirigeants d’entreprise, initialement accompagnés dans leurs projets personnels. Très souvent, ces mêmes dirigeants sollicitent ensuite leur intermédiaire pour des besoins liés à leur activité professionnelle : création, reprise, développement, investissements ou besoins de trésorerie.

Par ailleurs, le secteur bancaire a clairement manifesté son intérêt pour des apports de clientèles professionnelles qualifiées. Dans un contexte de rationalisation des réseaux et de recherche de dossiers mieux préparés, l’intermédiaire peut jouer un rôle clé d’interface et de filtre, à condition de disposer des compétences adéquates.

Un métier à part entière, qui ne s’improvise pas

Pour autant, le financement professionnel ne saurait être abordé comme une simple extension mécanique du crédit immobilier. Comme tout domaine spécialisé, il requiert une expertise spécifique, à la fois technique, économique et sectorielle.

L’analyse d’un projet professionnel suppose une compréhension fine du modèle économique, du secteur d’activité, des cycles de trésorerie, de la structure financière de l’entreprise et des perspectives de développement. Elle implique également une connaissance approfondie des attentes bancaires, des politiques de risque, ainsi que des interlocuteurs dédiés au sein des établissements.

Réduire cette mission à une collecte de pièces comptables ou à un simple retraitement automatisé des données serait non seulement réducteur, mais surtout préjudiciable à la valeur ajoutée de l’intermédiaire. À terme, cela contribuerait à dévaloriser le rôle et la légitimité de la profession sur ce segment.

Structurer l’expertise pour préserver la valeur ajoutée

Développer une activité de financement professionnel suppose donc une démarche structurée : formation, spécialisation, choix d’outils adaptés, construction de partenariats bancaires et, surtout, positionnement clair vis-à-vis des clients comme des partenaires.

C’est à ce prix que l’intermédiaire en financement pourra pleinement jouer son rôle de conseil, sécuriser les projets des entrepreneurs et inscrire cette activité dans une logique durable et qualitative, au service de l’ensemble de la filière.

Au micro de Bruno ROULEAU pour ce nouvel épisode de Fans du crédit : 

  • Nabil CHERIF : DG du réseau CREDIPRO
  • Michel STRUK : Cofondateur de la plateforme MES AIDES PUBLIQUES
  • Armand BREJON de LAVERGNEE : Directeur régional IDF chez SIAGI
  • Jean-Baptiste MONIE : Dirigeant co-fondateur de CARTE FINANCEMENT

En partenariat avec Le Média Immo