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Combien vaut mon cabinet de courtage ?

Les années récentes ont profondément éprouvé les trésoreries des cabinets d’intermédiation en crédit. Ralentissement de la production, allongement des délais, incertitudes réglementaires et conjoncturelles… Autant de facteurs qui ont conduit de nombreux dirigeants à s’interroger sur l’avenir de leur structure, parfois pour la première fois de manière très concrète.

Dans le même temps, un mouvement inverse s’est amorcé. Fonds d’investissement, groupes dits « industriels » ou acteurs déjà installés sur des métiers connexes ont commencé à porter un regard attentif sur le courtage en crédit. Quelques opérations de croissance externe, parfois engagées dans un contexte de marché encore porteur, ont nourri l’idée d’une possible valorisation élevée des cabinets. Dans certains esprits, la perspective de cessions « à prix d’or » s’est installée.

Avec l’atonie durable du marché immobilier et le retour à des niveaux d’activité plus contraints, cet emballement s’est cependant atténué. Les projets de cession ou d’ouverture du capital qui émergent aujourd’hui relèvent davantage d’une approche rationnelle, structurée, et souvent plus réaliste. Encore faut-il que vendeur et acquéreur parlent le même langage.

La première question centrale reste celle de la nature même de l’activité. Le courtage en crédit immobilier repose historiquement sur une production peu récurrente, fortement corrélée aux cycles de marché et parfois très dépendante du dirigeant. Cette caractéristique limite-t-elle mécaniquement la valorisation d’un cabinet ? Pas nécessairement, mais elle impose une analyse fine.

Les investisseurs s’attachent notamment à plusieurs critères clés : la capacité du cabinet à générer une rentabilité régulière, la qualité de son organisation interne, le degré de délégation et de structuration commerciale, la diversification des activités (assurance, financement professionnel, services annexes), ou encore la solidité des partenariats bancaires. La dépendance au fondateur, lorsqu’elle est trop forte, constitue souvent un point de vigilance majeur.

La méthode de valorisation ne se limite pas à l’application mécanique d’un multiple de chiffre d’affaires ou d’EBE. Elle repose sur une lecture globale du modèle économique, des perspectives de développement et des risques associés. C’est précisément à cette grille de lecture que s’intéresse cette nouvelle émission de Fans du crédit.

Comprendre comment raisonne un investisseur, savoir ce qui fait réellement la valeur d’un cabinet de courtage aujourd’hui, et identifier les leviers permettant d’améliorer son attractivité sont autant d’enjeux stratégiques pour les dirigeants, qu’un projet de cession soit imminent… ou simplement envisagé à moyen terme.

Les invités de Bruno Rouleau : 

  • Christophe CREMER : CEO de 2C VENTURE
  • Paul BOUGNOUX : Fondateur de LARGILLIERE FINANCE
  • Ludovic HUZIEUX : Co- fondateur d’ARTEMIS COURTAGE
  • David LECLERCQ : Co-fondateur de KAPSTONE

En partenariat avec Le Média Immo.